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Santé

Les boissons sans sucre ne font pas nécessairement maigrir

Les boissons sans sucre ne font pas nécessairement maigrir
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Les Canadiens boivent moins de boissons gazeuses que par le passé, mais leur consommation se mesure en chiffres astronomiques. 

Annuellement, on parle de 53 litres de boissons gazeuses sucrées par année et plus de 17 litres de boissons gazeuses « diètes » par habitant.

Les gens sont attirés par les sodas « diététiques » à cause de  l’absence de sucre et  la promesse du « zéro calorie ».  Ils croient que les édulcolorants, tout en donnant un goût sucré à ces boissons, permettent de consommer ces dernières sns prendre de poids… Erreur!

Une étude publiée cet automne dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) concernant la consommation de boissons gazeuses vise à remettre les pendules à l’heure.

L’étude en question est majeure: elle a été menée auprès de plus de 450 000 personnes, dans 10 pays d’Europe et sur une période de 16 ans.

Cette recherche révèle une prise de poids chez plusieurs consommateurs de boissons contenant des édulcorants.

Adobe Stock

André Marette qui est, chercheur et professeur titulaire à la Faculté de médecine de l‘Université Laval et auteur du livre « La vérité sur le sucre », a expliqué à Radio-Canada ceci:

« On sait maintenant qu’il y a des effets directs de ces édulcorants, de ces molécules chimiques, sur le microbiote intestinal. Ces molécules activent des récepteurs dans l’intestin et probablement nous font croire qu’on a une prise de calories, mais les calories, il n’y en a pas. Donc, que fait le cerveau? Il nous dit de consommer plus, parce qu’il faut compenser le fait qu’on a eu un goût sucré, mais pas de calories. L’étude de JAMA est une des premières grandes études épidémiologiques qui a permis de cerner vraiment l’impact séparé des boissons sucrées et des boissons édulcorées ».

Tout comme une autre publiée par la Harvard Medical School et une encore dans l’American Journal of Clinical Nutrition, cette étude révèle que les gens ingérant deux verres et plus par jour de boissons gazeuses, sucrées ou non, ont plus de risques de mourir prématurément.

« Ce qui a été observé, parce que ce sont des études observationnelles d’associations, c’est que les grands consommateurs de boissons sucrées, même de boissons sucrées édulcorées avec des faux sucres, développent plus de risque pour l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires », a mentionné monsieur Marette,

Cependant, il est encore trop tôt pour sauter aux conclusions, selon la directrice de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l'Université Laval, Sylvie Turgeon.

« Ce qui est très délicat et auquel il faut toujours faire attention, c’est que la partie de la population qui est attirée par ces boissons a d’autres facteurs de risque », mentionne-t-elle.

André Marette ajoute ceci: « Est-ce que la prise de boissons sucrées édulcorées est un marqueur d’une mauvaise hygiène de vie qui fait que les gens qui consomment ces boissons ont beaucoup d’autres facteurs de risque qui mènent à ces problèmes? On ne le sait pas ».

Toutefois, selon ce spécialiste, il est clair que la consommation de molécules chimiques, comme l’aspartame et l’acésulfame de potassium, a des conséquences sur l’organisme.

« La recherche, elle est là. Il faut que Santé Canada et d’autres organismes fassent vraiment une réévaluation du risque associé à ces produits, pas seulement le risque pour la toxicité et le cancer, mais le risque pour des complications métaboliques à long terme qui vont mener éventuellement à plus d’obésité, peut-être plus de diabète et peut-être des maladies gastro-intestinales. La lumière rouge est allumée, il faut vraiment qu’on soit conscient de ça et qu’on éduque la population de faire attention à ces produits », dit-il.

Qu’en est-il de la stévia?

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Serait-il préférable de se tourner vers les boissons qui utilisent plutôt un édulcorant d’origine naturelle?

André Marette travaille actuellement sur l’impact des méthodes industrielles de transformation du stévia et demeure  prudent face à cette question.

« C’est vrai que ça vient d’une plante, c’est déjà un avantage par rapport à un produit chimique comme l’aspartame. Mais encore faut-il qu’on fasse des recherches rigoureuses », mentionne-t-il.

« Il y a beaucoup de recherches qui ont été faites sur le stévia, souvent des recherches qui ont été financées par l’industrie. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas de la bonne recherche, mais qu’il faut quand même avoir de la recherche indépendante », nuance-t-il.

Source: Radio-Canada
Crédit Photo: Adobe Stock

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