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Santé

Le jus d’orange pourrait-il aider à se protéger de la COVID-19?

Le jus d’orange pourrait-il aider à se protéger de la COVID-19?
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Jeudi dernier, des journalistes ont posé une question pouvant sembler farfelue de prime abord, lors d’un point de presse de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Cette question ne venait pas de nulle part; elle reposerait sur des pistes sérieuses.

Est-ce que le jus d’orange pourrait contribuer à nous protéger de la COVID-19?

Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a été menée sur des humains ou sur des animaux  à ce sujet. Rien ne prouve que le jus d’orange fasse quoi que ce soit contre la COVID-19. Cependant, on sait que les agrumes contiennent une substance, nommée « hespéridine » et cette substance suscite la curiosité des scientifiques. Des travaux, qui sont encore théoriques et préliminaires, suggèrent que l’hespéridine pourrait mettre des bâtons dans les roues de la COVID-19, leur nuisant quand elle veut se fixer aux cellules de l’appareil respiratoire.

« L’hespéridine et le jus d’orange ne guérissent pas la COVID-19. Mais il se pourrait que la substance puisse retarder l’infection – nous faire gagner un peu de temps pour que le système immunitaire prenne le dessus. Cela doit évidemment être démontré, et nous travaillons sur des validations scientifiques supplémentaires », a révélé Pierre Laurin, président de l’entreprise québécoise Pharmaceutique Ingenew, à La Presse.

Monseur Laurin précise qu’il n’a aucun intérêt financier lié de près ou de loin à l’hespéridine. Comme beaucoup, cet acteur de l’industrie biotechnologique au Québec a voulu contribuer à la lutte contre la COVID-19. Il s’est donc mis à éplucher la littérature scientifique pour savoir si des substances avaient déjà montré un pouvoir contre le virus du SRAS, qui avait frappé plusieurs endroits de la planète en 2002 et 2003, et qui ressemble au coronavirus actuel.

Il est alors tombé sur la piste de l’hespéridine. Il a ressorti des articles de 2002, qui démontrent que la molécule a un effet antiviral sur le virus du SRAS, en  empêchant le virus de bien se lier à des récepteurs appelés « ACE2 », que l’on retrouve sur les cellules de l’appareil respiratoire. Ces dits récepteurs sont les portes permettant au virus d’entrer dans les cellules, de les pirater et de s’y multiplier.

« À l’époque, on avait trouvé un composé qui a fait la preuve de son efficacité à retarder la réplication du virus SRAS. Mais c’est un peu tombé dans les oubliettes », dit Pierre Laurin.

Mais on sait que le SARS-CoV-2, qui cause la COVID-19, vise exactement les mêmes récepteurs. 

Adobe Stock

Monsieur Laurin n’est pas le seul à suivre cette piste. En février dernier, une étude chinoise qui a analysé le potentiel thérapeutique de nombreux composés contre le SARS-CoV-2 par des techniques informatiques, présentait l’hespéridine et un groupe de composés similaires comme des molécules « inhibitrices qui pourraient probablement être utilisées pour traiter le SARS-CoV-2 ».

Monsieur Laurin a transmis son travail théorique à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui est en train de l’évaluer.

« J’ai pris connaissance du document de monsieur Laurin et effectue actuellement une validation scientifique. Dans le contexte actuel, toute avenue potentiellement prometteuse doit être adéquatement validée et, si nécessaire, expérimentalement vérifiée par une étude clinique », a affirmé Jocelyn Dupuis, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et cardiologue à l’Institut de cardiologie de Montréal à La Presse.

Actuellement, l’hespéridine est extraite de la pelure des agrumes (orange, citron et pamplemousse)  et se vend sous forme de produit naturel.

« Selon des calculs retrouvés dans la littérature, deux verres de jus d’orange par jour pourraient apporter une concentration qui pourrait aider. Ce n’est pas un remède, il faut le redire. Mais il se peut que ça puisse aider à retarder la réplication du virus une fois qu’un individu est infecté », a dit Pierre Laurin.

Ce dernier hésité longtemps avant de parler de ses travaux théoriques. Il faut savoir qu’en ce moment, on s’arrache déjà le jus d’orange dans certaines régions du globe à cause de rumeurs non fondées affirmant que la vitamine C renforce le système immunitaire et aide à combattre la COVID-19. 

Toutefois, puisque le jus d’orange est largement inoffensif pour l’être humain, le scientifique a jugé utile de diffuser ses conclusions, même en l’absence de preuves d’efficacité obtenues par des études cliniques.

« Je pense que c’est un peu une obligation pour moi. Je me sens mal de savoir ce que je sais, j’ai du jus d’orange dans mon réfrigérateur… Si ça peut contribuer, pourquoi pas ? », a-t-l confié.

De nombreux médias ont hésité avant de diffuser la nouvelle puisque tout n’est encore que théorique. Mais puisque cette information a commencé à se propager, certains d’entre eux, dont nous, ont décidé de partager l’information la plus exacte disponible actuellement sur ce sujet.

Source: La Presse · Crédit Photo: Adobe Stock

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